Rechercher dans ce blog

vendredi 10 mai 2013

Le cœur perdu d'Élysabeth


Par Marie-Catherine Bolduc

CEA de Saint-Prosper


C’était un samedi après-midi ensoleillé et froid du mois de janvier. La neige craquait sous mes bottes alors que je me dirigeais vers l’aréna pour voir jouer mon chum Nico. C’était lui le capitaine de son équipe de hockey. J’étais fière de lui et je l’aimais plus que tout. Même si les deux dernières semaines nous n’avions pas réussi à nous voir souvent. Pour plusieurs raisons, selon lui. Je trouvais Nico très distant et lunatique. C’est pour ça que je voulais lui faire une petite visite surprise. Alors que j’allais le regarder jouer, sans trop me faire remarquer, j’allai ensuite l’attendre après sa partie, lui sauter au cou et l’embrasser en lui chuchotant que je m’étais ennuyé.

Après que la sirène de la troisième période eût sonné pour annoncer la fin du match, je me suis précipitée à la cafétéria pour attendre avec impatience Nico qui allait sortir de la chambre des joueurs. Je me demandais s’il serait content et quelles réactions il allait avoir en me voyant là. J’étais assise à une table dans le fond de la cafétéria pour être certaine de voir tout ce qui se passait avec cet achalandage.

Enfin! La porte de la chambre des joueurs s’est ouverte et j’ai vu Nico qui sortait avec ses coéquipiers. Sans savoir pourquoi, je ne me suis pas levée tout de suite, je voyais bien que Nico ne m’avait pas encore remarquée. Ils avaient tous l’air d’attendre quelqu’un d’autre, puis une belle blonde aux yeux bleu pétant apparut. Il lui donna un tendre baiser sur la joue et lui sourit. Tout ça sous mes yeux. J’avais le cœur qui s’était mis à débattre à une vitesse folle, mon rythme cardiaque s’affolait. J’avais mal. Je ne pouvais pas croire que Nico voyait quelqu’un d’autre. Je comprenais tout maintenant. Voilà pourquoi il était « très occupé » ces derniers temps.

Je me suis levée brusquement et Nico m’a vue. Il m’a regardée et a vite baissé la tête, comme s’il était gêné. Il s’était même écarté de la blonde, qui était trop blonde à mon goût.

-      Élysabeth! Mais qu’est-ce que tu fais ici ?

-      J’étais venue te rendre visite, Nico. Mais comme je peux voir, je ne suis pas la seule.

Mon cœur était en feu et je me suis mise à pleurer, c’était plus fort que moi.

-          Ély, ce n’est pas ce que tu penses. Viens, je veux te parler.

Nico m’entraîna avec lui dehors et commença à me dire que Gaby était la sœur de Sébas, un gars de l’équipe, et que sans savoir pourquoi, il avait couché avec elle une fois alors que son équipe jouait à l’extérieur de la ville. C’était arrivé comme ça. Il me dit par la suite qu’il se sentait trop coincé avec moi, comme si on était mariés. Il me dit  aussi qu’il était encore jeune, qu’il n’avait que 17 ans et qu’il voulait vivre un peu sa vie d’ado avant de s’engager sérieusement.

Je n’en pouvais plus, je ne voulais plus rien entendre et je pleurais de plus belle. J’arrachai mon collier qu’il m’avait offert  la journée de notre premier anniversaire et je lui lançai au visage. Puis, je m’enfuis en courant jusqu’à chez moi. Je me suis réfugiée dans ma chambre où j’ai pleuré toute la soirée et toute la nuit. Mon cœur était en miettes.

Le lundi matin, je n’avais pas envie d’aller à l’école. Je m’étais regardée dans le miroir en me disant que j’avais beau être une rousse bouclée aux yeux verts, Nico était mon premier chum et il n’avait pas le droit de me briser le cœur ainsi. Les semaines et les mois ont passé. Voilà que la fin des classes arrivait et les examens aussi, mais je m’en foutais. Je m’étais fait de nouveaux amis et tout ce que je faisais, c’était de boire de l’alcool. Je manquais mes cours, je faisais la fête souvent, tout le temps même, car tout ce que je voulais, c’était Nico. Je l’aimais encore et il me manquait. J’avais même commencé à fumer du pot. Après tout, j’étais jeune et j’avais le cœur brisé. J’étais tannée de m’imaginer voir Nico partout. Tout me faisait penser à lui et ça me faisait mal.

Mon amie Mélodie avait même essayé de me présenter un garçon, Jonathan. Oui, il était très beau, il avait des allures d’un gars que toutes les filles rêvent d’avoir. Je l’ai  fréquenté quelque temps, sans doute pour faire plaisir à Mélodie. Il m’amenait au cinéma et aux fêtes de ses copains. Il me présentait comme sa blonde alors que pour moi, ce n’était pas le cas. Je voulais et je ne pensais qu’à Nico. Encore et encore. Pourtant, je n’étais pas très réceptive à ses offres et il le voyait bien. J’ai même couché avec lui quelques fois, mais ce n’était pas pareil qu’avec Nico. Après quelque temps, j’ai fini par le laisser tomber.

Un bon matin, ma mère est venue me réveiller pour me dire qu’elle m’amenait voir le médecin, car elle n’en pouvait plus de me voir ainsi. J’avais mal à la tête, je m’étais couchée à trois heures de la nuit, à moitié ivre et gelée comme une balle. Une fois dans le cabinet du docteur, je ne pensais jamais qu’il me dirait une telle chose. Moi, Élysabeth Marchand, j’étais en dépression. La séparation d’avec Nico m’avait causé un choc et je ne m’en étais pas remise. Il me prescrit des médicaments et des recommandations, dont d’arrêter de consommer et de m’entourer de bonne personnes.

Grâce à ma mère, les choses allaient mieux. L’automne arrivait, le début des classes aussi et je voulais commencer l’année du bon pied, car le secondaire 5, ce n’était pas rien. Alors que j’acceptais enfin ma situation et que je voulais reprendre ma vie en main, en rentrant de l’école un après-midi, sur la table, il y avait un colis que ma mère avait ramené de la poste. Il était adressé à mon nom. Intriguée, je me demandais bien ce que ça pouvait être. Je l’ouvris et je suis restée bouche-bée quelque instants. Je n’en revenais pas. Mes yeux se sont mis à se remplir de larmes et mon cœur à s’affoler de nouveau. Ça faisait si longtemps. Le collier que Nico m’avait offert, il était là, dans cette boite, en parfait état. Nico l’avait ramassé l’après-midi où je lui avais lancé et il l’avait toujours gardé depuis. Il y avait une petite note qui disait :

-          Je suis désolé, Élysabeth, de t’avoir fait tant de peine. Je t’en prie, pardonne-moi. Je ne t’ai jamais oubliée. Je t’aime encore. Nico. Xx

J’étais la fille la plus heureuse de monde. Je remerciai ma mère de m’avoir aidée à m’en sortir. Et elle avait raison, c’est lorsqu’on lâche prise que les choses s’améliorent. J’ai téléphoné à Nico et je lui ai donné rendez-vous au resto du coin où nous avons parlé des heures et des heures. Voilà que les morceaux de mon cœur se recollaient enfin.

Cristaux du ciel



Marouscia B.Deschamps

CEA de Saint-Prosper


C'est tout là-haut dans le ciel que je prends vie
Je prends parfois l'apparence de pluie
Je suis d'un blanc étincellant
Je tombe doucement, miroitant


J'apporte avec moi une saison  
Puis on préfère me pousser par des camions
Je peux prendre l'apparence de bons hommes
D'ange aussi, je prends forme


Comme une étoile tombant du ciel  
On m'apprécie le jour de Noël
J'apporte beaucoup de joie  
À tous ceux qui aiment le froid


Sous les lumières d'un lampadaire
Je suis spectaculaire  
De mon long manteau clair
Je reflète la lumière


En groupe, on m'appelle neige  
Au Canada, je siège
En fait, je ne suis qu'un cristal de flocon  
Qui vit avec PASSION

Mon ange gardien


Marouscia B.Deschamps

CEA de Saint-Prosper


À toi petit ange,
Qui me guide lorsque rien ne va plus
Dans les sinueux chemins confondus
Lorsque je t’implore à genoux de m’aider
Et qu'en me réveillant,  
Je me sens tout d’un coup éclairée


À toi petit ange,
Gardien de ma vie
Sauveur de mes nuits
Qui entend mes prières
Et mes cris les plus amers


À toi petit ange,
Qui est mon plus fidèle ami
Et qui sur ma joue essuie la pluie
Avec toute ma gratitude te remercie
D’être le Guide Suprême de ma vie !

lundi 25 février 2013

L’éducation du feu

Par Mathieu Savard, CEA de Beauceville
À St-Honoré-de-Shenley, dans la nuit du vendredi 15 février 2013, un feu se déclare dans une maison du rang 9. La maison est une perte totale, ce qui jette onze personnes à la rue. Malgré la prévention, les  pompiers doivent encore combattre des incendies. Aujourd’hui, la formation de pompier se donne dans des écoles spécialisées.  De plus, le métier de pompier ne consiste plus seulement à éteindre des incendies, mais englobe de multiples tâches qui concernent la sécurité des citoyens.
La formation
Tout le  monde ne peut pas devenir pompier. Pour commencer, pour devenir pompier dans une ville de moins de 200 000 habitants, l’intéressé doit suivre la formation de pompier 1 et 2. Pour les villes de plus de 200 000 habitants, il est obligatoire de posséder un DEP en sécurité incendie d’une durée d’un an qui se donne dans quatre écoles au Québec. Deux écoles se situent à Québec et deux à Montréal. Par la suite, pour être pompier dans les grandes villes comme Montréal, Québec ou Lévis, un DEC en sécurité incendie d’une durée de deux ans est requis. Par ailleurs, il existe quelques programmes complémentaires comme une AEC en prévention incendie pour devenir préventionniste en incendie. Pour être admis au programme, un diplôme d’études secondaires et de bons résultats sont nécessaires, car la demande est très forte. Être en bonne forme physique, aimer le travail physique et être à l’aise dans le travail d’équipe sont également des qualités requises. De plus, le candidat doit être capable de gérer son stress.

Le métier
Les pompiers ne font pas seulement qu’éteindre des feux. Ils sont là aussi pour protéger les gens et les biens des incendies.  Cela commence par la prévention au niveau résidentiel, scolaire, industriel et commercial. Pour la prévention résidentielle, les pompiers travaillent beaucoup sur l’entretien du détecteur de fumée, car c’est le meilleur outil pour prévenir les occupants lors d’un incendie. Pour le secteur scolaire, ils éduquent les enfants à ne pas jouer avec le feu et leur montrent quoi faire lors d’un feu. Dans le secteur industriel et commercial, ils établissent les plans d’évacuation des gens et répertorient les risques que pourraient comporter les bâtiments tels qu’une usine de bois, une entreprise qui travaille avec des matières dangereuses, un centre commercial ou un édifice très haut. Par la suite, les pompiers peuvent intervenir dans d’autres situations diverses comme sur les accidents de la route pour extraire une personne à l’aide des mâchoires de vie. Ils ont aussi un rôle à jouer lorsque des déversements de liquides ou de gaz dangereux se produisent. Ils sont également formés pour les sauvetages en hauteur, en espaces clos (restreints), les sauvetages nautiques (l’été) et sur glace (l’hiver). Lors d’une intervention, les pompiers font quand même de la prévention, car ils doivent limiter les dommages au bâtiment en feu tout en protégeant les édifices adjacents et les autres biens qui pourraient être touchés. Parallèlement, des mesures de sécurité sont prises afin d’éviter ou de réduire les risques inutiles et les accidents auxquels sont exposés les intervenants.
Pour finir, les pompiers sont formés et entraînés pour réagir le plus rapidement possible et au meilleur de leurs connaissances. Ils sont là pour aider la population lors d’une multitude de dangers et d’imprévus. Et comme plusieurs pompiers l’affirment : "c’est  un métier dangereux, mais c’est le plus gratifiant et le plus beau métier du monde".

lundi 18 février 2013

Petite histoire surprenante

Cette année à l’école, il y a un nouvel  élève. Il a un nom plutôt féminin, mais il demeure quand même très masculin. C’est le style d’élève qui s’explique avec des illustrations et qui a toujours des définitions pour tout. Malgré son jeune âge, il est consulté chaque jour par différentes personnes dans un seul  but : ne jamais se tromper. Cet élève se nomme « Larousse ».
Christopher Rodrigue - CEA de Beauceville - le 18 février 2013

jeudi 7 février 2013

Depuis 117 jours, elle ne souriait jamais...


Par Caroline Latulippe, CEA de Saint-Prosper

Issue d’une famille monoparentale, Anne est une petite fille âgée de 7 ans. Elle a les cheveux bouclés et les yeux brun noisette. C’est une fillette enjouée, souriante, étincelante.

Sa mère, Lise, est sourde. Dépourvue de ses moyens, mais remplie de bonne volonté, elle veut à tout prix être aimée. Malchanceuse dans son parcours, elle s’est divorcée et séparée plusieurs fois. Elle a quatre enfants de pères différents. Avec son désir d’être aimée, un jour, elle rencontre Marcel.

Marcel est camionneur. Il a une chevelure grise, de grosses mains et une grande carrure. C’est un homme avec un regard très froid, à en donner la chair de poule. Nouvellement rentré dans la vie de sa mère, la petite Anne flaire tout de suite quel genre de beau-père il peut être, ayant déjà eu quelques expériences traumatisantes dans le passé, mais jusqu’à ce jour, sans trop de drame.

Un soir d’été, voilà 117 jours, Anne se sent très seule. Sa mère et Marcel sont sortis danser, la laissant seule sans gardienne. Anne, effrayée d’être seule, s’endort épuisée, au bout de ses larmes.

Tout à coup, elle se réveille au son de la voix à mère. Elle se lève et veut aller la retrouver pour apaiser la peur d’être seule, qui est toujours présente. Mais elle fait face à Marcel... « S’il te plait, dit-elle, je veux voir ma mère. » Et elle se met à pleurer. Marcel lui fait clairement comprendre qu’elle doit retourner se coucher et ne plus déranger. Effrayée et peinée, elle insiste encore plus en pleurant. Et c’est là que Marcel dit à  Lise : « Va te coucher et je vais m’occuper d’elle. » En colère, il ferme la porte derrière lui et pousse Anne sur le lit. Il prend sa ceinture de camionneur et se met à la frapper de toutes ses forces. Elle n’y voit que du noir. C’est un vrai cauchemar. Après avoir déversé sa rage sur Anne, il sort de la chambre. Tout en tremblant, elle va se blottir dans son placard petit et étroit. C’est le seul endroit, pour le moment, où elle trouve du réconfort.

Elle souhaite désespérément que sa mère vienne la retrouver pour la consoler, mais malheureusement rien… Lise est persuadée qu’Anne est couchée. À cause de sa surdité, jamais elle n’a pu entendre les cris de détresse qu’Anne a pu émettre tout au long de ce drame.

Le lendemain matin, Anne se réveille en douleurs et aperçoit ses pauvres jambes sous sa petite jaquette rose. Des ecchymoses de toutes les couleurs. « Enfin, se dit-elle, une façon de pouvoir prouver à ma mère quel genre de brute est cet homme au regard si froid. » Mais quelle preuve navrante pour la petite Anne! Sa mère constate l’état de ses pauvres petites cuisses. Tout de suite, elle jette un regard tuant à Marcel à côté d’elle. Enfin, avec beaucoup de remord, elle se rend compte de quel genre d’homme il est. En colère, elle le chasse dehors de la maison et lui fait bien comprendre qu’il a intérêt à ne plus revenir. La petite Anne, effrayée, se soulage du départ de Marcel au regard si froid. Sa mère prend Anne dans ses bras et la console du mieux qu’elle peut. Tout en la serrant contre elle, elle lui caresse les cheveux et verse quelques larmes. Anne vit sa souffrance dans le silence.

Ses blessures physiques disparues, Anne retrouve tranquillement goût à la vie. Malheureusement, elle porte en elle une blessure intérieure si profonde que personne ne peut la percevoir. Mais, on voit bien, par son manque de sourire et son manque de joie de vivre, qu’il y a un mystère en cette petite Anne. Mais seule Anne, sa mère et la grosse brute savent pourquoi elle ne sourit plus.

mercredi 16 janvier 2013

Lumière


Par Emmanuel Morin - CEA de Beauceville
Je m’appelais Ève. J’étais une jeune femme des États-Unis, mais j’avais voyagé au Québec dans la région campagnarde de la Beauce. Les paysans de ce petit coin de pays vivaient de l’agriculture, de l’élevage du bétail et du commerce du bois. J’adorais cette région reculée. J’avais quitté la grande ville de New York pour fuir les malfaiteurs.
Aujourd’hui, c’était mercredi. Donc, je partis vers le grand marché du village. Devant la pharmacie, l’éclairage était aveuglant. Sous la luminosité trop élevée, les ainés du village me regardaient d’une façon intense comme s’ils voulaient me dévorer. Je repris ma route, déstabilisée, mais sans le montrer. Chassant l’idée de cannibalisme, j’ouvris la porte de la boutique et entrai. Au même moment, trois hommes se levèrent du banc. Un frisson de terreur me parcourut le corps, ce même corps qui portait ma si belle silhouette. Je les regardai agir, l’un sortit du groupe et les deux autres se dirigèrent vers moi. D’abord pétrifiée sur place, je repris ensuite ma route vers le marché, mais, incapable de les semer, je me fis intercepter par les deux hommes. L’un d’eux me bouscula et l’autre me cria des choses terrifiantes qu’ils voulaient me faire. Enfin capable de fuir, je me dirigeai vers mon auto et partis pour ma demeure. Tellement choquée et abasourdie par cet événement troublant, je ne compris pas pourquoi les deux hommes avaient agi ainsi. Un bruit derrière moi me fit sursauter. Je me retournai et l’aperçus dans la pénombre. L’homme qui avait quitté le groupe sortit un couteau suisse de sa poche pour me menacer au cou. Il monta dans la voiture et m’ordonna de prendre la prochaine sortie qui menait à la vieille forêt du village non loin de la clairière. Il leva mon gilet. Il admira ma poitrine. Le couteau me serra le cou et l’autre main m’empoigna un sein. La peur envahit mon âme. Exaspérée par cette scène interminable, je quittai le plateau de tournage.

jeudi 10 janvier 2013

CHRONIQUE AUTOMOBILE

Ford a marqué son époque

Par Francis Dubé, CEA de Beauceville

On reconnaît Henry Ford par son nom de famille, il fut le créateur de Ford Motor Compagny en 1903, mais il fallut attendre cinq ans avant qu'il soit célèbre. La Ford T fit son apparition en 1908 et donna le coup d'envoi à Henry Ford. Le modèle T marqua son époque autant par sa commercialisation que par sa fabrication.
Ford Motor Compagny lance, en 1914, le Fordisme, une façon d’assembler les voitures sur une chaîne de montage. Le temps d'assemblage passa de 12 heures à plus ou moins 90 minutes, cela permettra à Henry Ford de faire de cette voiture un moyen de déplacement disponible au grand public avec un modeste prix de 950$, ce qui équivaut aujourd’hui environ à 24 558$. Vendu à plus de 16 millions d'exemplaires, le modèle T fut le plus vendu après la Volkswagen Coccinelle.
Différentes des voitures que nous connaissons aujourd’hui, cette Ford T n’avait que 20 chevaux vapeur, son 4 cylindres en ligne lui permettait toute sa puissance et donna une vitesse de pointe de 70 km/h. Le 4 cylindres qui était coulé d’un seul bloc et la carrosserie en tôle, au lieu du bois, en faisaient une voiture pour tout le monde à l’époque.
Grâce à Henry Ford, nous connaissons les voitures d’aujourd’hui abordables et fiables. La T fut pendant 19 ans la fierté de Ford. Aujourd’hui, Ford est toujours dans la course des voitures abordables. 

 

lundi 10 décembre 2012

Souvenirs


Trycia Lebel, CEA de Saint-Prosper

Le crépuscule était magnifique. De plus en plus bas, atteignant l’horizon, le soleil renvoyait sur l’eau ses derniers rayons de douceur, telle une caresse emportée par le vent. Dans le ciel, les nombreuses couleurs éclatantes du soleil couchant se reflétaient sur les vagues miroitantes de la mer. Tout était calme : la plage déserte, les vagues de l’océan, même le souffle du vent. Ces rivages paisibles, qui s’étendaient à perte de vue, étaient très rarement fréquentés, cet endroit étant trop loin de la civilisation. Nul ne dérangeait la quiétude, la paix de cet endroit unique. Nul ne venait ici. Nul, sauf moi.
Seule, assise sur les rives de la mer, je pense. Aux nombreux printemps qui sont nés, aux étés qui ont fleuri, à ces automnes qui ont fané et aux maints hivers qui ont trépassé. Ces souvenirs, ces instants de joie, de bonheur, mais aussi ces instants de tristesse, de solitude. Tant de choses sont encore en moi, des souvenirs si profondément enfouis, qui tournent toujours et encore dans ma tête. Si souvent, je les ai chassés pour essayer de les oublier. Mais cela était en vain. Au fond de moi, je savais que jamais je ne réussirais à les faire disparaître. Du plus heureux au plus douloureux souvenir, ils font tous partie de moi.
Il y a si longtemps que j’ai mis ces souvenirs de côté, pour essayer de ne plus y revenir. Voyant ce paysage si familier, je vois ressurgir de nombreuses images que je croyais disparues. Ces nombreuses fêtes que l’on venait célébrer ici, et principalement l’une d’elles dont je me rappelle, qui a emporté mon meilleur ami. Personne n’avait pu le sauver de ces vagues qui se déchaînaient sur lui. Personne, y compris moi. Pendant d’innombrables années, je m’en suis voulu de n’avoir pu veiller sur lui. Je m’en suis voulu de l’avoir abandonné. Et je suis revenue ici tant de fois, pour essayer de comprendre, pour essayer de me pardonner. Et maintenant enfin, je comprends. Nul ne peut aller contre le destin. Et nul ne peut prévoir ce que la vie réserve à chaque être. Nul, y compris moi.
Je dois cependant avouer que maintes fois, j’y ai eu des moments heureux. Je me vois encore là, sur cette plage, à courir et à rire avec ceux que j’aime. J’étais là, les deux pieds dans l’eau, avec maman à mes côtés me tenant par la main, me disant de ne pas aller trop loin dans la mer. Sachant que cela l’inquiétait de me voir seule dans l’eau, je retournais vers elle et me couchais dans le sable doux à ses côtés. Alors je voyais son visage s’emplir de joie et de lumière. Je lui souriais, elle me caressait les cheveux, et à chaque fois, elle me chuchotait doucement ces mots remplis de tendresse à l’oreille : « Je t’aime. »
Tandis que l’astre du jour disparaît derrière l’horizon pour faire place à la nuit, je suis là, assise toute seule, devant la plage qui m’a vu grandir. J’y ai vécu une enfance paisible, enrichissante, et pleine d’affection. Cependant, j’y ai également vécu des moments très douloureux, très éprouvants. Mais aujourd’hui, je repense enfin à tout ce qu’il s’y est passé, aux temps des rires, aux temps des larmes. Peu de gens, je pense, peuvent trouver en eux le chemin qui mène à la paix, en soi. Je ne regrette rien à présent, car je sais que toutes ces choses, bonnes et mauvaises, m’ont permis d’être celle que je suis devenue. J’ai enfin réussi à faire la paix avec mes souvenirs…

L'héritière


Trycia Lebel, CEA de Saint-Prosper

Encore une fois, elle s’éveilla en sursaut. Depuis quelque temps, elle dormait mal. Et avec la mort de ses parents, ça n’allait guère au château. Enfant unique, c’est elle qui avait la charge du royaume et de son peuple. Et surtout, elle était profondément malheureuse. La mort de son bien-aimé père et de sa tendre mère l’avait bouleversée à un tel point qu’elle en avait elle-même perdu sa raison et sa joie de vivre. Elle se retrouvait seule, prisonnière de sa tristesse, avec la charge de diriger un royaume et tout un peuple dont elle ne connaissait que peu les exigences et les besoins. C’est pour ces raisons qu’elle dormait mal la nuit. Ces pensées, ces craintes, et surtout cette solitude, lui faisaient faire des cauchemars, et elle se réveillait souvent la nuit en sueurs. Mais cette fois, ce n’était ni ses craintes ni ses cauchemars qui l’avaient tirée de son sommeil. Cette fois-ci, un bruit étrange l’avait réveillée.
Très silencieusement, elle se leva, enfila un chemisier et sa robe de chambre, puis se dirigea vers la porte. Elle prit l’une des chandelles se trouvant sur le bureau et par mesure de précaution, elle saisit un poignard qui se trouvait sur sa table de nuit, car un mauvais pressentiment l’habitait. Elle ouvrit la porte centimètre par centimètre, puis finit par apercevoir deux ombres se profiler dans le couloir. Malgré son ouïe très développée, le bruit de leurs pas lui était à peine perceptible. Elle n’arrivait pas bien à les identifier, mais savait de source sûre qu’elle ne les avait jamais vus au château. Ils étaient grands, moyennement costauds et une longue cape leur couvrait les épaules et cachait partiellement leur visage. Sachant très bien se diriger dans le château où elle avait grandi, elle choisit de laisser sa chandelle dans sa chambre, car avec cette lumière, elle serait très vite repérée par les deux intrus. En fait, son intention était claire : les suivre afin de découvrir ce qu’ils étaient venus faire dans son château.
Les couloirs du château étaient bien éclairés la nuit. De nombreuses lampes, accrochées aux murs, étaient allumés chaque soir, par mesure de précaution. 
Les deux individus, toujours aussi furtifs, avançaient rapidement, telles des ombres dans la nuit, silencieux comme des fauves. Quand à elle, elle s’assurait toujours de laisser une bonne distance entre elle et les deux inconnus. Elle s’efforçait d’être aussi silencieuse que possible. Se faire repérer ne l’aurait en rien aidée. Curieusement, les deux étrangers avaient l’air de savoir exactement où aller. Ils prenaient des directions précises, n’hésitaient jamais s’ils se retrouvaient face à deux ou plusieurs directions possibles, et cela sans jamais se consulter. Elle était pourtant sûre de ne jamais les avoir vus au château auparavant, même au temps du règne de ses parents. Quoi qu’il en soit, elle continuait à les suivre, toujours aussi discrète. Toujours aussi seule.
Durant ces interminables minutes où elle avait suivi les deux hommes, ils avaient empruntés de nombreux escaliers, mais toujours pour en descendre. Elle en vint alors rapidement à la conclusion qu’ils se dirigeaient certainement vers la salle des coffres, au sous-sol. « Des voleurs », se dit-elle. Probablement des pillards ayant peut-être été informés par de quelconques traîtres. Elle respira un bon coup. Ils étaient deux, avaient l’air rapides, entraînés, et elle était seule. De son vivant, son père lui avait appris à se battre, à se servir d’une arme, mais malgré cela, elle avait peu de chance de s’en sortir, elle en était consciente. Avec ces incertitudes en tête, elle réfléchissait, elle essayait de trouver une solution. Contre toute attente, elle décida de continuer, seule. Elle n’avait rien à perdre de toute façon. Depuis la mort de ses parents, elle était devenue l’ombre d’elle-même. Alors perdre la vie ou non lui importait peu. Nourrie de ces sombres pensées, elle se remit à avancer, et alla puiser au fond d’elle le courage qui lui restait.
Les deux voleurs tournèrent à gauche vers le corridor qui menait directement à la salle des coffres. Elle ne s’était donc pas trompée à leur sujet. En tournant à son tour au même endroit, son cœur ne fit qu’un tour. Ils étaient là, à quelques mètres d’elle, côte à côte, tournés vers elle. Souriant discrètement, ils dévoilèrent leur dague. Leurs intentions étaient claires : ne laisser aucun témoin. Donc, la laisser en vie n’était pas une option. Cependant, ses intentions à elle étaient également claires : elle ne s’avouerait pas vaincue aussi facilement et vendrait chèrement sa peau. Rassemblant la force et le courage dont elle disposait toujours, elle sortit son poignard, fit pas en avant et fit dignement face à son destin…

mardi 27 novembre 2012

Drôle de monde
Par Louis-David Couette


Il était près de sept heures du matin. Le soleil se levait sur une autre belle journée. Maxime, un grand échalas de quinze ans, se levait du haut de ses six pieds et deux pouces. Il se préparait comme d’habitude pour aller à l’école.

Il prit son déjeuner que sa mère lui avait généreusement préparé et partit. Il marchait sur le bord du chemin, lorsque soudain, il entendit du bruit provenant d’un buisson. Il alla voir et à sa plus grande surprise, il n’y avait rien. Lorsqu’il se retourna, il vit de drôles de créatures ressemblant à des éléphants à tête d’oiseau, des serpents à tête de souris et des chats à tête de licorne. Au début, Maxime les trouvait répugnants, mais il s’est vite habitué. C’est à cet instant, qu’il vit non loin d’ici un petit village. Il décida donc de s’y rendre pour essayer de trouver quelqu’un qui pourrait l’aider. Je ne sais pour quelle raison, mais lorsque Maxime fut entré dans le village, presque tous les gens du village voulaient sa mort. En courant pour fuir ses poursuivants, il tomba face à face avec un homme-pierre. L’homme-pierre lui dit : « Va me chercher des yeux de grenouilles et pendant ce temps, je vais te trouver quelqu’un qui pourrait peut-être t’aider».

C’est à cet instant que Maxime alla dans le marécage qu’il y avait à côté du village et il essaya de trouver des grenouilles. Après près de cinq minutes de recherche, il rencontra une grenouille avec une dizaine d’yeux et mesurant environ un mètre. Lorsque Maxime vit cela, il prit la plus grosse roche possible et il la lui lança en pleine tête. Ensuite, il lui arracha les yeux et retourna voir l’homme-pierre qui lui dit d’aller voir le druide dans la maison juste derrière lui. C’est avec grand regret que le druide dit à Maxime qu’il ne pouvait pas le renvoyer chez lui parce qu’il ne connaissait pas cet endroit.

Au moment où Maxime commençait à croire qu’il ne reverrait jamais sa maison, il entendit un drôle de bruit provenant de l’autre bout d’une crevasse. Il essaya de la traverser en sautant par-dessus, mais il tomba dedans. Dix secondes plus tard, il s’aperçut qu’il venait de tomber de son lit.

jeudi 7 juin 2012

Un organisme à découvrir

Par Christina Beaudoin-Vachon, CEA de Sainte-Justine

Depuis 1994, un organisme vient en aide aux jeunes de nos écoles du Québec. L'organisme est le Club des petits déjeuners du Québec. Il offre aux élèves la chance de déjeuner à l'école avant de commencer leurs cours. De plus, ça ne coûte pas très cher.

Les bénévoles de cet organisme préparent les tables et le déjeuner avant que les élèves arrivent. Quand ils arrivent, ils se prennent un plateau et ils peuvent prendre ce qu'ils veulent. Il y a un menu différent à chaque jour de la semaine. Après s'être servis, les bénévoles repassent aux tables pour ceux qui en veulent encore.

Leur mission est de venir en aide aux enfants qui ne déjeunent pas à cause des difficultés financières de leurs parents, mais aussi aux autres enfants qui aiment prendre leur déjeuner avec leurs amis. C'est important d'avoir le ventre plein avant de commencer l'école.

Pour terminer avec cet organisme, on devrait l'établir dans toutes les écoles, car c’est un organisme qui vient en aide aux enfants pour favoriser de meilleurs résultats en classe en prenant un bon déjeuner à tous les matins.

lundi 4 juin 2012

La chasse: dépassée ou encore actuelle?


Vanessa Gilbert-Vermette, CEA de Saint-Prosper

Je me vois dans l’obligation de réagir aux propos d’Yves Cloutier parus récemment dans le journal Le Devoir au sujet de la chasse. La pratique de la chasse de nos jours est-elle vraiment aussi cruelle qu’il le sous-entend dans sa lettre? À mon avis, non. Je pense personnellement que la chasse est une activité normale pour l’être humain, surtout qu’elle fait partie de sa survie depuis les tous débuts de l’humanité. Je vais d’abord parler du plaisir relié à la chasse, ensuite des armes utilisées et pour finir de l’aspect soi-disant cruel de la chasse.

Tout d’abord, la chasse est aujourd’hui une activité plaisante pour ceux qui la pratiquent. Personnellement, je travaille dans un environnement où plusieurs chasseurs se racontent leurs histoires de chasse et leurs prouesses, non pas sans une certaine fierté. Pour plusieurs, la chasse permet de tisser des liens avec la famille ou des amis, et ainsi, d’accroître les relations sociales.

Pour ce qui est des armes, l’humain a su développer des armes et des techniques de chasse adaptées à ses besoins. Déjà au début de l’humanité, l’homme avait à sa disposition diverses armes rudimentaires pour lui permettre de chasser la nourriture qu’il avait besoin pour se nourrir. Aujourd’hui, ces armes sont beaucoup plus évoluées et précises, permettant ainsi de moins faire souffrir longtemps la bête qui est abattue par le chasseur. Donc, tout comme certaines espèces animales sont pourvues de griffes et de dents effilées pour chasser afin de se nourrir, l’homme a aussi su s’adapter afin de pouvoir aussi se nourrir selon ses besoins.

Certes, plusieurs personnes comme monsieur Cloutier pensent que la chasse est une activité cruelle qui ne devrait pas avoir lieu de nos jours. Or, l’instinct de chasse est naturellement présent dans nos gènes puisque depuis toujours, l’humain a eu besoin de chasser pour se nourrir. Malgré la facilité aujourd’hui d’obtenir toute la nourriture dont nous avons besoin à l’épicerie, chasser permet de retrouver ce sentiment de fierté d’avoir obtenu soi-même quelque chose pour se nourrir et d’y avoir travaillé fort. D’ailleurs, il faut aussi rappeler que nous faisons nous aussi partie du cycle de la chaine alimentaire, tout comme les autres espèces animales sur terre.

Pour conclure, je pense que la chasse, malgré ses nombreuses controverses, est une activité qui gagne à être connue et essayée, autant pour le plaisir qu’elle apporte que pour la fierté d’avoir accompli quelque chose d’assez dur et complexe, même si les techniques de chasse se sont beaucoup améliorées depuis quelques années. Mais pour ceux qui voient encore l’aspect cruel de la chasse, je dirais ceci : aller faire un tour dans un abattoir d’animaux voir si la situation y est mieux. Et si cela ne vous convainc pas, je crois que le mieux serait d’envisager le végétarisme

Avis à tous les lecteurs et lectrices de notre blogue


Par Maude Gilbert, enseignante de français et coordonnatrice du journal


Nous vous invitons à consulter le journal réalisé par le Centre d’éducation des adultes (CEA) de Beauceville, de Saint-Prosper et de Sainte-Justine en consultant la version électronique, volume 4, numéro 1 (mai 2012).


Pour découvrir cette plus récente version du journal étudiant et toutes les publications précédentes, vous pouvez suivre le lien suivant : http://www.csbe.qc.ca/MyScriptorWeb/scripto.asp?resultat=813550 .

Une réalisation haute en couleurs et en découvertes!

jeudi 31 mai 2012

Dossier Poésie : Espoir de la vie

Poème collectif imaginé et réalisé par les élèves du CEA de Saint-Prosper:
Carole Fortier, Nadia Lamontagne, Nathalie Lebel, Christopher Blais-Turgeon, Mario Deraps, Marouscia B. Deschamps, Joanie Maheux, Maxime Couette et Louis-David Couette.

Collaboration: Diane Pouliot, enseignante de français


Danser dans la nuit
Effacer les jours d’ennui
Pour vivre sa vie
Et réaliser ses envies

Avancer sans s’arrêter
Dans des chemins inexplorés
Et le soleil
Nous émerveille
De ses beautés
Trop souvent oubliées

Le jour éveille nos plaisirs
Dans l’ombre de nos souvenirs
Le temps finit par guérir
Les multiples blessures
Cadenassées par l’usure
Qui s’estompent dans le futur

Sauter dans la vie
Jusqu’au bout de l’infini
Pour atteindre le paradis
Sur les ailes de la liberté
S’envoler vers nos rêves espérés
Et toucher du bout des doigts le ciel étoilé

Dossier Poésie : Lui, elle et eux


Par Maxime Couette, CEA de Saint-Prosper


Si proche mais pourtant inaccessible
Brillant haut dans les cieux
Quand tu te lèves, on entend un chant
Et quand tu te couches, tu réchauffes nos cœurs
Ta sœur est si romantique
Sans elle, ce serait la noirceur
Elle est très belle
Entourée de ses enfants
Sans qui le monde serait vide
Réveillant les oiseaux de la nuit
Et endormant ceux du jour
Laissant libre cours à l’imagination
Tel le retour d’Orion
Ou la descente des anges
Protégeant les mortels
Avec leurs ailes
Éloignant la solitude
Pour amener la paix
Votre présence nous émerveille
Tel un soleil nocturne
Qui brûle dans l’eau glaciale du Nord
Et réchauffe nos cœurs
De vos beautés angéliques.

Dossier Poésie : Fatalité inévitable


Par Maxime Couette, CEA de Saint-Prosper


L’avenir est tracé
À la seconde où l’on naît

Maudit pour la vie
On ne peut y échapper
Rester dans ce monde ?
Totalement impossible

Va retrouver tes ancêtres
Amis disparus depuis longtemps

Venin de l’esprit
Ou force divine
Une épopée ironique
Sur un ton sarcastique

Attendant et observant
Tapis dans l’ombre
Ton dernier soupir
Regrettant tes gestes
Anges de la mort
Purificateur putréfié
Ensileuse à âme
Revenant d’Hadès

Dossier Poésie : Avenir perdu

Par Maxime Couette, CEA de Saint-Prosper


J’ai regardé derrière moi
Qui était là
Tu as sorti tes griffes dans la pénombre
Tu as lacéré la nuit
Les gouttes de pluie sont devenues
Des gouttes de sang
Et ont dégouliné sur mes joues
Si tu n’as plus d’endroit où aller
Arrête-toi sur ces doigts
Sur mes doigts
Je t’emmènerai sur chacun d’entre eux
Vers une forêt interdite où pleurent les cigales
Tu ne pourras plus revenir sur tes pas
J’ai tout fait pour être heureux
Mais je n’ai rien fait pour être blâmé ou accusé
Le bruit des pas devient plus fort chaque jour
J’ai alors remarqué que le temps n’existait plus
J’ai toujours cru que je resterais moi-même
En me demandant si je survivrais
Donne-moi une raison pour ne pas aller dans ce sens
Ou juge-moi coupable de tellement de péchés incurables
Dis-moi pourquoi tu blâmes ma façon de vivre?
Peut-être ai-je laissé passer
Quelque chose de fatal pour moi

Dossier Poésie : Beauté disparue


Par Maxime Couette, CEA de Saint-Prosper


Tes grains de beauté me faisaient rêver
Pourquoi les as-tu effacés?
Ton visage imparfait
Me paressait parfait

Maintenant que tu es fait
De plastique parfait
Telle une poupée
Je n’ai plus envie de t’épouser

La perfection
Dans l’imperfection
Ce n’est pas un mythe
Pour certains, c’est même un rite

La belle est devenue un clone
Remplie de silicone
Tu es devenue une bête
Qui a perdu son être

Dossier Poésie : Sans futur


Par Maxime Couette, CEA de Saint-Prosper


Viens, laisse-nous oublier ce futur
Qui finira encore taché de sang
Si ce doux vent se met à tourbillonner
C’est sûrement un signe
Échappe-toi, oui, échappe-toi
De ce destin bien trop triste
Tu n’es pas la fleur de l’enfer
Ne fleuris pas dans un tel endroit
Ne fleuris pas là
Ne te laisse pas emprisonner
Par les fragments de temps qui volent sans bruit
Je recouvre ton corps de terre
Même si c’est interdit
Il y a une tentation que tu n’as pu cacher
Dans le bonheur de ton innocent regard
Pourquoi les péchés existent-ils?
Pourquoi les punitions existent-elles?
Le bout du tunnel a invité le blanc pur
Dans les continues et infinies ténèbres
Quasiment tout a l’air radieux
Et disparaîtra sous peu…